Une nouvelle forme de communication est apparue depuis plusieurs années et qui se révèle être très efficace, l’influence. L’intégration d’une partie influence dans un plan de communication nécessite de faire appel à différentes personnes dites influenceurs/influenceuses qui possèdent une communauté fidèle sur les réseaux. Acteurs, chanteurs, youtubeurs, bloggeurs… Il existe différentes échelles d’influenceurs : des micros, des nano et puis de plus gros influenceurs. Ils sont catégorisés selon leur nombre d’abonnés, l’importance de leur communauté.
Selon la stratégie adoptée par une structure, certains profils seront plus en adéquation que d’autres, de par leur thème, leur type de communauté comme le genre, l’âge, les loisirs, ou encore par l’importance de leur taux d’engagement. Le profil de l’influenceur doit être en corrélation avec le domaine d’activité de la structure, sinon la stratégie ne sera pas pertinente. Par exemple une structure qui souhaite se donner une image responsable fera appel à des influenceurs éthiques et green, et une autre, dans le domaine du sport se tournera vers des influenceurs fit et lifestyle. Les structures qui font appel à ces personnalités vont les contacter de différentes façons : par exemple une marque va pouvoir leur envoyer des produits et elles en feront la promotion sur leurs réseaux afin de mettre la marque en valeur à travers des vidéos qui montrent comment utiliser les produits, ses bienfaits etc. C’est une collaboration qui est la plupart du temps rémunérée et sous contrat.
Les influenceurs sont de plus en plus demandés par des associations soit pour les promouvoir, pour relayer des messages ou encore pour en devenir l’égérie, l’ambassadrice/deur. C’est-à-dire que l’image de cette personnalité sera directement associée à l’association. Certaines fois, ce sont elles qui viennent d’elles-mêmes, volontairement, les contacter car elles se sentent concernées et veulent agir. Cette tendance s’accroît grâce à l’initiative de certains de ces influenceurs devenus des icônes mondiales et qui ont prouvé leur utilité. Ce qui montre à quel point cette nouvelle forme de communication est efficace. En devenant ambassadeurs ou porte-paroles de marques et d’associations, ils élaborent une communication digitale engagée. Ils ont évidemment une plus grande influence que les experts de l’écologie et une grande crédibilité auprès de leur public. Tout est basé sur la relation de confiance qu’ils ont établi et qu’ils entretiennent avec le temps. C’est donc ainsi qu’ils incitent leur communauté, très fidèle, à s’intéresser aux problèmes environnementaux. Plus la communauté en question sera importante, plus les messages seront relayés.
Les influenceurs digitaux, responsables pour l’environnement
Ces derniers connaissent parfaitement les réseaux sociaux, et savent comment ils fonctionnent, c’est le cœur même de leur métier. Avec de l’expérience, ils ont pu étudier quels contenus fonctionnaient le mieux, savoir comment atteindre leur cible, comment être viral. Les influenceurs digitaux mettent en avant leur disponibilité et leur proximité avec leur communauté. Ils interagissent avec leur public, ce qui leur permet une plus grande influence. Les influenceurs en général sont souvent pointés du doigt car ils incitent à la consommation, aux achats, particulièrement les influenceuses « mode ». Mais, de plus en plus d’influenceurs se sentent concernés par l’impact de leur consommation et utilisent leur notoriété différemment, pour « faire le bien ». On voit alors apparaître de plus en plus d’influenceurs écologiques avec des modes de vie soit végétal, sain, et surtout engagés dans la cause environnementale. Ces derniers collaborent avec des marques responsables ou des associations pour sensibiliser leur public à changer leur mode de consommation par exemple, ou pour les inciter à adopter des pratiques plus responsables. Ils utilisent ainsi leurs réseaux pour conseiller et guider leur communauté, les accompagner petit à petit dans un nouveau mode de vie et leur montrent des exemples. On a alors vu apparaître de nombreux hashtags écologiques : #nature, #écologie, #vegan, #zerodechet. Le mouvement #0Waste est d’ailleurs apparu grâce à l’initiative de plusieurs influenceurs qui défendent l’environnement. Ils favorisent les achats responsables et surtout la limitation de la consommation de plastique pour réduire les déchets, en privilégiant des achats plus responsables et durables (cotons réutilisables, achats en vrac, etc).
Peau Neuve, Famille Zéro Déchet ou encore Baptiste Lorber, font partie du top 5 des influenceurs écologiques de Kolsquare dans l’article « Top 5 des influenceurs écolos et environnement à suivre ! ». Ces derniers partagent avec leur communauté sur Instagram et via leurs blogs personnels, leur transition écologique et leur engagement envers la planète. L’influenceuse beauté Peau Neuve (qui compte plus de 178K d’abonnés), met en avant toutes ses bonnes adresses green avec des marques de mode, de cosmétique ou encore des restaurants engagés. Bénédicte et Jérémy de la Famille Zéro Déchet (avec environ 30,4K d’abonnés), quant à eux, proposent leurs recettes et leurs astuces pour éliminer petit à petit le plastique et les déchets de notre quotidien ou pour utiliser des produits non polluants. Et puis enfin Baptiste (un peu plus de 224K d’abonnés), très actif lui aussi, décide de faire passer des messages positifs sur son compte Instagram. Il partage régulièrement, avec son audience, les causes engagées de certaines associations auxquelles il participe. Il réalise également de nombreux partenariats avec des marques responsables. (1)
Avec sa campagne de sensibilisation #TooLatergram, l’Organisation Non Gouvernementale WWF a fait appel à différents influenceurs « voyage », plus particulièrement des instagrammeurs pour faire passer un message fort aux générations adeptes des réseaux. Chaque influenceur a alors posté dans un premier temps une photo d’un paysage somptueux, montrant toute la beauté de la nature. Ces photos étaient en fait des clichés retouchés sur des logiciels pour embellir la triste vérité. Et puis dans un second temps, la véritable photo a été publiée par ces mêmes influenceurs avec une phrase de description « Malheureusement, aujourd’hui cet endroit ne ressemble plus à ça… » (2). Toutes les photos représentent des paysages qui ont existé mais qui sont aujourd’hui détruits, ou qui ont disparus, à cause de l’activité humaine. L’objectif de cette campagne est de faire réagir et de montrer, surtout au public jeune, qu’ils sont acteurs de l’environnement et qu’ils peuvent changer les choses.
La star du petit écran, Hugo Clément est, selon moi, devenu l’une des figures actives de la jeunesse militante pour le monde. Ancien chroniqueur de l’émission Quotidien, et aujourd’hui pour Konbini, il est davantage considéré comme un journaliste engagé plutôt que comme un influenceur digital. Mais ce deuxième volet de sa carrière lui permet d’accroître sa renommée et donc son influence sur les comportements. Lors d’une interview avec 20 Minutes, il déclare que « S’il n’y avait que ma manière de faire du journalisme, ce ne serait pas suffisant mais je pense qu’elle apporte quelque chose aujourd’hui d’important dans le débat public et la manière de traiter l’information » (3). Ce dernier n’hésite pas à dénoncer toutes les pratiques illégales ou non respectueuses de l’environnement sur les réseaux sociaux. Grâce à son statut de journaliste, il réalise plusieurs reportages sur la protection animale en dénonçant des fermes ou encore des élevages qui maltraitent les animaux. En mettant en avant dans ses vidéos plusieurs associations de protection animales et des ONG, il veut non seulement avertir le grand public, mais surtout influencer les décisions des pouvoirs politiques. En 2019, son nouveau programme environnemental « Sur le Front », divisé en quatre volets, commence à être diffusé sur France 2. Dans le premier, Hugo Clément veut alerter sur la fonte anormale et spectaculaire des glaciers de différentes régions du monde et souhaite, grâce à l’émission, inciter le spectateur à agir. Plusieurs associations interviennent dans le programme, notamment WWF et SeaShepherd. Un sondage de YouGov réalisé pour 20 Minutes a annoncé que : « pour les 18-24 ans, Hugo Clément était – ex aequo avec Nicolas Hulot – la personnalité française représentant le mieux le renouveau en matière d’engagement environnemental. » (4)
Les influenceurs digitaux ne sont pas les seuls à défendre la cause environnementale, les célébrités mettent également leur notoriété à profit.
Les célébrités et leur influence
Les personnalités, qui se mobilisent et militent en faveur de l’environnement, se multiplient de jour en jour. Quel que soit le domaine, elles utilisent leur notoriété pour sensibiliser un maximum les consciences. Elles assument leurs engagements et se servent de leur portée médiatique pour se faire entendre sur des sujets sensibles, enrôlant ainsi parfois le statut de porte-parole pour une ou plusieurs associations. Elles œuvrent chacune à différents niveaux pour faire changer les choses, cela peut passer par l’apport de dons, la création de campagnes, de films documentaires, de grèves ou encore de discours mobilisateurs. Jake Halpern, journaliste et auteur américain, a étudié ce pouvoir d’influence que possèdent les célébrités dans son ouvrage « Fame Junkies : The Hidden Truth Behind America’s Favorite Addiction » (5). Il déclare que : « Le charisme, le physique et l’assurance sont désormais les facteurs déterminants pour avoir de l’influence et être admiré ». La célébrité est reconnue pour sa réussite ; sa notoriété ne provient pas des réseaux sociaux, mais de son histoire personnelle, de ce qu’elle a bâti grâce à sa détermination. Le public suit une célébrité parce qu’elle le fascine, parce qu’il l’admire, qu’il souhaite lui ressembler. Il fait ainsi partie de ses fans et se fait influencer volontairement, ou non, par la célébrité. Le journaliste déclare également que « Ces personnalités ne se contentent pas d’être présentes à des événements d’œuvres caritatives ni de faire des dons importants. Elles mènent un réel combat et deviennent les PDG de la philanthropie ». (6)

Devenu l’icône écologique la plus jeune jamais connue, Greta Thunberg a une influence sur les plus jeunes mais pas seulement. Cette jeune suédoise de 16 ans encourage tous les jeunes à se mobiliser contre l’inaction des gouvernements face à la situation environnementale. Elle incite la jeunesse à faire entendre sa voix et lui montre qu’elle compte également. En 2018, elle démarre une « grève de l’école pour le climat » et fait la une de plusieurs journaux. Rapidement, plusieurs élèves du monde entier se rangent de son côté et se rallient à son combat. Des écologistes et mêmes des célébrités soutiendront l’adolescente. Plus tard, elle réalisera des marches et de nombreux discours poignants devenant ainsi un véritable exemple. Dans un de ses articles, Le Monde la décrira comme étant « l’icône climatique ». Un visage frais et déterminé qui donne un espoir positif. (7)
D’autres visages déjà bien connus du grand écran tiennent à montrer leur engagement. Alors que sa notoriété était à son paroxysme en 1998, Léonardo DiCaprio en a profité pour créer sa propre fondation portant son nom. Depuis plusieurs années, il est considéré comme un véritable « défenseur de la protection de la planète » d’après Mélanie Bonvard dans son article « 10 personnalités extraordinaires qui font bouger les choses » sur Auféminin. (8)
Sa fondation a pour objectif de faire connaître au grand public les problèmes environnementaux. Elle permet de financer de nombreux projets écologiques, un combat que l’acteur prend très à cœur. En 2014 il a été nommé « messager de la paix » de l’ONU, et son discours lors du Sommet sur le climat la même année a fait beaucoup réagir et a été relayé par de nombreux médias. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a déclaré à son sujet lors d’une conférence : « Monsieur DiCaprio est une voix crédible au sein du mouvement écologiste et il dispose de moyens considérables pour faire entendre ce message » (9). Il profite de ses apparitions médiatiques pour toujours faire passer son message, notamment en 2016 lorsqu’il a reçu son Oscar. Il utilise également ses réseaux pour faire la promotion de sa fondation et sensibiliser sur l’urgence environnementale. En plus de sa fondation, l’acteur fait partie de plusieurs organisations environnementales telles de WWF, une incontestable référence dans le monde des célébrités.
Porte-parole française de Greenpeace depuis 2001, Marion Cotillard est aussi une référence internationale des célébrités qui se sont engagées pour la cause environnementale. Elle a notamment participé en 2010 à l’une des actions de l’organisation. Avec plusieurs militants, ils se sont rendus au Congo-Kinshasa pour lutter contre la déforestation, et l’actrice a réalisé un documentaire sur cette expérience pour montrer au grand public les ravages réalisés dans le pays. En tant que porte-parole, elle réalise de multiples discours sensibilisateurs pour toucher ses fans et le public français en général, mais aussi international. En effet l’actrice s’est fait un nom dans le monde du cinéma. En 2015 elle reçoit notamment l’oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans « La Môme », depuis, elle est très appréciée des américains. En janvier 2020, elle prend le large avec l’organisation et plusieurs scientifiques pour se rendre dans l’océan Antarctique pour alerter sur la protection des océans et la préservation des animaux marins. Des expéditions qu’elle partage sur ses réseaux avec de nombreux hashtags écologiques. Greenpeace n’est pas la seule association pour laquelle l’actrice milite, elle a également rejoint WWF et la Fondation Nicolas Hulot. (10)
Je parlais à l’instant du documentaire réalisé par Marion Cotillard. Cet outil est aujourd’hui fréquemment utilisé par les militants et les experts car il a tendance à davantage toucher les personnes. Mélanie Laurent, également militante pour Greenpeace, a réalisé un documentaire, « Demain », césarisé en 2016. Actrice française, elle a mis sa notoriété au service de la cause qu’elle défend en se rendant elle-même sur le terrain. Dans son film, elle milite pour la protection de l’environnement et contre la surpêche et met en avant différentes actions qui peuvent être des solutions pour améliorer le monde.
Luc Besson, Robert Redford, Albert II de Monaco, Lambert Wilson, le Prince Charles et encore bien d’autres acteurs, réalisateurs, politiciens de toutes origines participent activement, grâce à leur image de personnage public, à faire évoluer les consciences pour la préservation de la planète.
Influenceurs et célébrités, chacun à leur échelle et avec leurs moyens, tentent d’utiliser leur notoriété à bon escient pour faire changer les choses et surtout d’alerter les citoyens et leur communauté, sur le fait qu’il est temps de prendre conscience que la planète est en danger, que c’est une réalité, et que tout le monde doit et peut agir. Le pouvoir de l’influence a pris une ampleur considérable et est devenu, aujourd’hui, la stratégie à adopter pour sensibiliser sur un sujet crucial tel que celui-ci.
Les influenceuses « mode » mettent en avant de plus en plus de marques et de pratiques éco-responsables de qualité. En effet, le secteur de la mode se transforme également pour coller avec les problématiques environnementales et ainsi être plus respectueux. Mais alors comment cette industrie de la mode et du textile, devenue l’une des plus polluantes au monde, se confronte à cette réalité ? Comment les marques éco-responsables se font une place dans ce secteur face à ces multinationales qui font polémiques ? Par quels procédés la mode éthique tente de s’imposer comme un nouveau mode de consommation ?
SOURCES
Articles :
- « Trouvez des influenceurs écolos et environnement ! », Kolsquare, 2019. https://www.kolsquare.com/fr/guide/environment
- TALIK Lola, « Ces stars qui s’engagent pour la planète », Marie Claire. https://www.marieclaire.fr/,ces-people-qui-s-engagent-pour-la-planete,20434,310.asp
- « 17 personnalités qui se battent pour l’environnement », MSN par Microsoft Actualités, 2016. https://www.msn.com/fr-ca/actualites/news-environment/17-personnalit%C3%A9s-qui-se-battent-pour-l%E2%80%99environnement/ar-AAgTfvf#page=1
- Par un « partenaire invité », « 5 raisons de faire appel aux influenceurs pour promouvoir votre marque », Leptidigital, 2016. https://www.leptidigital.fr/webmarketing/5-raisons-faire-appel-influenceurs-promouvoir-marque-9561/
(1) « Top 5 des influenceurs écolos et environnement à suivre ! », Kolsquare. https://www.kolsquare.com/fr/blog/influenceurs-environnement
(2) HUOT, Alice, « WWF fait voyager des instagrammeurs dans des paysages qui n’existent plus », L’ADN Innovation, 2018.
(3) RANDANNE, Fabien, « « Sur le front » : Hugo Clément assume être un « journaliste engagé » », Citation de Hugo Clément tirée de l’interview réalisée par 20 Minutes, 20 Minutes, 2019.
(4) RANDANNE, Fabien, « « Sur le front » : Hugo Clément assume être un « journaliste engagé » », Extrait d’un sondage réalisé par YouGov pour 20 Minutes tiré du même article, 20 Minutes, 2019.
(5) HALPERN, Jake, « Fame Junkies : The Hidden Truth Behind America’s Favorite Addiction », 2006, Houghton Mifflin Harcourt, 256 pages.
(6) ROSE, Lacey, « Les célébrités les plus influentes », Le Figaro, 2007.
(7) GARRIC Audrey et HIVERT Anne-Françoise, « Greta Thunberg, l’icône climatique qui déchaîne la vindicte », Le Monde, 2019.
(8) BONVARD, Mélanie, « 10 personnalités extraordinaires qui font bouger les choses », AuFéminin, 2017.
(9) L.P.,« Leonardo DiCaprio : nommé « messager de la paix » par l’Onu ! »,Public, 2014.
(10) « Marion Cotillard rejoint Greenpeace en Antarctique pour protéger les océans », Greenpeace, 2020.