I – La publicité, l’art de la communication
a. D’où vient la publicité, quelle forme prend-elle aujourd’hui ?
Qu’est ce que la publicité ? Selon le glossaire la publicité est « Activité ayant pour objet de faire connaître une marque, d’inciter le public à acheter un produit, à utiliser un service etc ». (1) Au fil des années elle s’est modifiée avec l’évolution de la psychologie humaine. Son but étant de vendre du rêve (exemple fumer une Marlboro renvoi à fumer comme dans un Western), un statut social, (exemple les gammes de voitures, avoir une voiture Mercedes ou Renault).
Son origine si on en croit certains rapports historiques, à commencé à l’antiquité, les fresques qui ornaient les vases faisaient office de publicité pour vanter les mérites d’hommes politiques ou de guerriers aguerris. Au moyen âge, la majorité du peuple étant illettrée, celle-ci était représentée par des « crieurs » qui annonçaient à l’orale les annonces commerciales et les ordonnances royales*. Avec l’invention de l’imprimerie au XVe siècle par Gutenberg, les premières pages en série ont vu le jour, permettant de divulguer les informations au grand public grâce à sa distribution dans les rues, aujourd’hui on appelle cela des flyers. Mais la toute première publicité en tant que telle, est apparue en 1660 dans La London Gazette pour du dentifrice. S’en suivra en 1836 des annonces commerciales qui feront office de publicité dans les médias grâce à Emile Girardin** dans son journal la Presse. Au début du XXe siècle, les affiches publicitaires ont pris de la valeur, placardées dans les transports, collectionnées, elles s’élèvent même au rang d’œuvre d’art grâce notamment aux artistes tels que Toulouse-Lautrec** et ses sublimes affiches du Moulin rouge ou encore Leonetto Cappiello** avec ses affiches pour le chocolat Klaus. En même temps, apparaissent les logos de marques sur les emballages et autres produits dérivés. Elle connait un nouvel essor en 1922 avec l’arrivée de nouveaux médias, telle que la radio et en 1968 en France avec le lancement de spots publicitaires. Se savant mélange radio, publicité donnera naissance au premier slogan oral et visuel. La publicité se transforme, elle est de plus en plus sophistiquée (sémiologie, univers de consommation…) et compétitive. Son argumentation de vente devient imparable mettant en avant les spécificités du produit à commercialiser (pour exemple Mad Men et Madison Avenue). En 1980, la publicité prend le large, les frontières s’estompent entre les pays c’est la conquête internationale, boostée à la fin des années 1990 par l’apparition d’internet et du téléphone mobile, le marketing communautaire va se développer très rapidement. (2)
De nos jours, les formes de communications et publicités sont organisées sous deux formes : les publicités médias et les publicités hors médias, ayant pour objectif de promulguer (notoriété et de positionnement), apprécier (image positive créant de la préférence) et agir. Selon la définition de l’encyclopédie illustrée du marketing « la publicité hors médias c’est l’ensemble des actions de communication qui ne passent pas par les médias dit traditionnels ». (3) Dans ce groupe nous retrouvons tout ce qui concerne les promotions et médias dans les points de ventes (PLV, ILV, vitrines), le merchandising (optimisation des points de ventes), les relations publiques, le sponsoring, l’événementiel ou encore les médias de masse « non conventionnels » comme le street marketing. La publicité médias désigne des actions de communications telles que l’affichage, la presse écrite, la radio, la télévision, le cinéma et bien sûr internet. (4)
Avec internet la publicité s’enrichit avec de nouveaux moyens de communications comme les bannières, les pop-up, via des achats d’espaces publicitaires sur le web, à cela s’ajoute l’arrivée des réseaux sociaux qui font un tabac auprès de nombreuses cibles en particulier les jeunes et les enfants avec des applications de plus en plus sophistiquées et ciblées. Désormais avec le web, 2.0 de nouveaux acteurs rentrent en jeu, les internautes peuvent interagir, créer leur contenu poster eux mêmes leur production. Avec cette évolution beaucoup de moyens publicitaires ont émergé ces dernières années, mais quels seront les moyens de communications et tendances les plus en vogue en 2019 ?
b. Les nouvelles tendances publicitaires
Les tendances émergent et évoluent à vitesse grand V, particulièrement cette année avec l’évolution sociétale (#balancetonporc…), environnementale (réchauffement climatique et les catastrophes naturelles) et politique (la crise des gilets jaunes).
La publicité devient engagée et éco-responsable, elle mène le pas, il faut être plus respectueux de tout, de l’être humain, des animaux et de la nature. Elle n’a pas le choix, elle doit suivre les faits sociétaux et ne peut pas se permettre d’être en retrait ou à la traîne. Selon l’étude d’Edelman Earned Brand publiée en ligne sur « We are com » en 2018, « 65% des consommateurs français choisissent une marque pour ses prises de position sur les grands débats de société ». « Une marque devient une personne morale engagée » comme le fait Leclerc en se mobilisant chaque année avec « Nettoyons la Nature ».
Mais le nouveau créneau, est la « digital détox », les consommateurs trouvent les publicités banales et négatives. Prenons pour exemple, la campagne pour la marque Gillette « We believe : The Best Men Can Be », une campagne qui souhaite détoxifier la mémoire collective en questionnant sur les différents stéréotypes ou bien les statuts de chacun. Également Coca Cola avec sa campagne « Coke is a joke », qui désire changer l’état d’esprit des individus.
Selon Margot Helfter employée dans l’agence Parisienne BETC « cette tendance se traduira également par de nouveaux messages, mais aussi de nouveaux portes-voix ». Désormais, il faut mettre en avant « l’invisible ou les indésirables » tel que Nike a pu le faire avec le footballeur Colin Kaepernil, autant célèbre que détesté suite à son boycottage de l’hymne Américain en 2016, signe de sa protestation contre les violences policières faites aux noirs américains, la marque Nike ayant décidé d’en faire une icône publicitaire. C’est un choix marketing audacieux que fait cette marque, car elle s’engage officiellement sur le sujet des violences racistes aux Etats Unis. Espérons que dans ce nouveau contexte, les femmes seront mises plus en avant avec pour leitmotiv « respect et protection » nous attendons de voir la suite !
De nos jours, la narration interactive entre la marque et le consommateur devient de plus en plus importante. Chaque support et création raconte une histoire en interaction avec le consommateur, rien de tel pour le tenir en haleine. Netflix l’a très bien compris, dans l’une de ses séries originales « Black Mirror », les téléspectateurs ont eu le choix de la finalité de l’épisode, ce qui a eu un énorme succès. Les consommateurs ne sont plus que des spectateurs, ils deviennent les héros de l’histoire. Les moyens de communication étant toujours plus sophistiqués les consommateurs via leurs réseaux sociaux deviennent aussi acteurs de leur propre campagne. (5)
Les tendances arrivent et repartent aussi vite, certaines restent indélébiles, les enfants étant particulièrement touchés. Les influenceurs, l’interactivité, les outils AR (réalité augmentée) et VR (réalité virtuelle) augmentent ce phénomène. A ce stade de mon article je vous ai fait prendre connaissance de ce qu’était la publicité avant et aujourd’hui, reste à savoir comment elle interagit sur les enfants. Comment les publicitaires créent-ils la magie pour envoûter nos bambins ? Quels sont leurs secrets de création ?
II – La publicité, l’art de la narration
a. Le storytelling
Aujourd’hui avec le digital nous vivons dans un monde dématérialisé. Beaucoup de personnes ont envie d’échanger à l’orale, de narrer, de palper les choses, d’être rassurées tout simplement. Le storytelling se sert de ses besoins en racontant une histoire qui séduit le public, la marque et le consommateur étant les protagonistes. Pour se faire, elle fait usage en communication des codes narratifs du langage existant dans les contes et récits permettant de laisser une empreinte dans l’esprit des consommateurs et donc favoriser l’attachement.
Le storytelling a toujours existé (traditions, légendes, mythes), ces histoires sont très puissantes, nous adorons les lire, les écouter, les regarder et les ressentir. Mais pour qu’elles fonctionnent correctement il faut qu’elles aient une approche sensorielle, émotionnelle, personnelle et doivent être ouvertes d’esprit. Le message doit être porteur d’authenticité. Pour créer un bon storytelling, il faut parler directement au public avec un langage clair et adéquat sans oublier de respecter sa ligne éditoriale, pour être cohérent, honnête, humain, audacieux et réactif. Les histoires peuvent être différentes, c’est ce qui fait leur charme. Elles peuvent jouer sur le fondateur de la marque (exemple avec l’Oréal ou bien Lacoste, des histoires formées autour de la famille et du patrimoine), sur l’authenticité de l’entreprise, ses valeurs (famille, amitié, compétition, protection de l’environnement…). Le charme s’opère plus facilement avec une intrigue, une anecdote plutôt que de donner des arguments marketing. Il faut faire rêver le consommateur, de cette manière il s’identifie plus facilement et créer de la préférence qui le fidélise. Il est constamment interpellé par la publicité, elle doit donc se démarquer de la concurrence en se différenciant, innovant et en étonnant son public. Plus le consommateur sera touché plus il y sera attaché. Pour faire un bon storytelling, le consommateur doit être au centre (user centric) et prendre en compte ses centres d’intérêts surtout chez les enfants. Il véhicule auprès d’eux une image positive, merveilleuse qui suscite leur curiosité. Dans la communication le storytelling prend plusieurs formes : films, images, bandes dessinées, jeux vidéo, les enfants étant la cible privilégiée à coups de grande mise en scène pour les divertir et les faire rêver.
Prenons l’exemple du célèbre parc Disneyland Paris et sa publicité « Le petit canard » de BETC pour Noël. C’est l’histoire d’un petit canard qui découvre posée dans l’herbe la bande dessinée des aventures de Donald, personnage emblématique de l’univers Disney. Le petit canard devient fan et tente de lui ressembler, malheureusement il doit laisser la bande dessinée derrière lui, mais la magie de Disney va opérer et permettre au petit canard de rencontrer en chair et en os Donald.
Avec cet exemple on analyse comment les publicitaires divertissent et donnent envie à la jeune cible d’adhérer à ce monde déjà très influant. Il lui donne une âme, la rende plus expressive et énergique. Avec l’utilisation de l’humour et de l’émotion ils créent une esthétique particulière. (6) Cette originalité va créer une vraie proximité avec le public ciblé. Ici, pour attirer leur attention, les publicitaires ont utilisé le personnage du petit canard. Il n’est pas rare qu’ils fassent souvent appel à des personnages, des mascottes, pour élaborer un attachement dans l’imaginaire des enfants. Le cheminement entre le message et sa compréhension devient plus court et une relation durable et familière s’installe dans son esprit. Pour exemple chez Nesquik, on reconnaît dès le premier coup d’œil le lapin de la poudre de cacao et il en va de même pour le lapin de Duracell, c’est ce qu’on appelle des facilitateurs de reconnaissance. Ils incarnent des valeurs positives, représentent des liens affectifs et rassurants. Les enfants en sont particulièrement sensibles car cela touche à l’imaginaire. Ce sont de puissants leviers au niveau émotionnel, le but ultime étant d’être reconnu et populaire, les personnages font désormais partie intégrante du quotidien comme « Géant vert » (depuis 1928), qui pousse les enfants à consommer des légumes. Mais les grands gagnants sont Oasis avec leurs personnages fruités comme « Ramon la fraise », ou encore M&M’s qui incarnent une diversité de défauts qui les rendent sympathiques auprès des enfants.
Le digitale va donner vie aux histoires et créer un lien social, les enfants âgés de 12 ans et plus étant très friands des systèmes d’interaction, ils deviennent alors complices, se sentent valorisés et impliqués dans le quotidien de la marque et une fois de plus ils deviennent les prescripteurs face aux autres marques. L’utilisation des réseaux sociaux est primordiale pour toucher ce public, ils améliorent la visibilité de l’histoire, créent une communauté, mais surtout des moments privilégiés entre le public et la marque. (7)
Les parents eux aussi sont attirés par ce procédé (exemple Coca Cola avec l’apparition du père Noël, fait appel aux souvenirs d’enfances en prônant le partage, l’amitié et la convivialité). Selon Ashraf Ramzy CEO et fondateur de Narrativity Group, « Les gens n’achètent pas des produits, mais les histoires qu’ils véhiculent. Ils n’achètent pas des marques, mais les mythes et archétypes qu’elles symbolisent ». Les personnes accordent ainsi leur confiance et leur sympathie et bingo c’est gagné ! (6)
b. Par quelle technicité attire t-on les enfants et pourquoi ?
Précédemment nous avons pu constater que les enfants étaient des prescripteurs et que les différentes marques les matraquaient pendant leurs émissions de jeunesse, mais aussi par l’envoie de nombreux courriers pendant la période de Noël. Plus une marque est présente dans leur quotidien, plus il sera insensible à la concurrence, preuve en est avec l’adulte qui reste nostalgique de certains produits de son enfance.
Différentes techniques existent pour appâter l’enfant (si l’information n’est pas assez intéressante, celui-ci fait vite abstraction et passe à autre chose) : la séduction, les publicitaires vont utiliser plusieurs astuces, comme les sons, la musique, les chansons, des slogans très simples à retenir, des images colorées et animées, qui attirent l’œil grâce à des personnages proches de leur univers (enfants, personnages imaginaires, animaux, super-héros…), comme le lapin « Quicky » de Nesquik , « Ronald » de Mc Donald ou bien le « Prince de LU », tout cela passant via les médias (chaînes de tv, magazines, illustrés). Petit plus, l’utilisation de cadeaux pour entretenir l’attachement et susciter l’envie, comme des goodies, figurines de Kinder surprise, les magnets et cartes à jouer dans les paquets de céréales…).
Vient après, l’incitation : les publicitaires ne s’adressent pas à un enfant comme à un adulte, ils doivent les rassurer les mettre dans des situations familières, leur langage doit être similaire au leur. En discutant avec des intervenants lors de mon stage, tous sans exception, que ce soit les directeurs de création, artistique ou clientèle, m’ont affirmé que le langage était mesuré, les sons et les visuels étaient adaptés aux codes du langage enfantin (jeux de mots) et qu’ils utilisaient la personnification (telle que les mascottes pour les gâteaux ou les animations 3D). Les publicitaires n’ont le choix que d’être en accord avec notre temps en faisant entre autre, appel aux applications à reconnaissance faciale. Selon eux, le message doit être simple et mémorisable, le mieux étant la répétition de l’information, les interventions sont courtes et rythmées avec une dose d’humour et d’imagination si besoin est, car la capacité d’attention d’un enfant est de 8,25 secondes aujourd’hui, contre 12 secondes à l’époque, d’ou le challenge de garder en éveil l’intérêt de l’enfant. (8) C’est la pratique de la publicité Oasis, « des fruits, de l’eau de source et du FUN » qui cible les 10/12 ans. Les fruits sont animés en 3D, ce qui plait aux enfants comme aux parents ! et les publicitaires ne manquent pas d’imagination ! Pour les attirer d’avantage, ils inventent des sagas avec des fruits animés reprenant pour exemple la chanson « Only you » des Platters, toujours plus amusantes les unes que les autres avec des jeux de mots, bêtisiers, musiques, univers colorés plein d’humour dans la jungle tropicale, un vrai cocktail gagnant ! (9)
De ce fait, on arrive à l’adhésion de l’enfant au produit. Pour cela la publicité utilise plusieurs idées et promesses que l’enfant va comprendre et véhiculer à ses parents (la sécurité : ne plus avoir peur la nuit, le jeu : s’amuser avec ses copains, la reconnaissance sociale : avoir ce qu’ont les copains…).
Et pour finir, vient le temps de l’achat, en moyenne un enfant de 8 ans peut acheter directement des produits peu coûteux (cartes, bonbons…). C’est pour cela, que la mise en avant des produits sur les promontoires est primordiale pour les commerciaux, grâce à des PLV et ILV ou bien créer des animations afin de tester et attirer toujours plus.
Le packaging a un rôle très important, le logo, la mascotte, les couleurs présentes dessus constituent un repère qui permet à l’enfant de bien identifier le produit parmi les autres et de le proposer aux parents en cas d’achat, mais aussi il met en avant le produit, lui donne du cachet, et le rend attractif. Cependant s’il varie trop, il sera moins reconnaissable par l’enfant. (8) Grace au packaging, le boom des ventes de produit se réalise surtout en période de fêtes de fin d’année, Noël étant un catalyseur d’émotion et de nostalgie. Tous ces procédés vont être amplifiés pour émerveiller et faire consommer petits et grands. On qualifie cela de marketing sensoriel : c’est-à-dire qu’on crée une atmosphère multi-sensorielle autour d’un produit ou d’un service. Les sensations qui s’en dégagent vont provoquer chez l’enfant une réaction cognitive, affective ou encore comportementale favorable à l’achat : On propose une offre qui stimule ses sens.
Pour exposer ce que nous avons décrit précédemment, je reviendrai sur la marque de biscuits LU. Elle a su s’adaptée à son époque en utilisant les grands principes du storytelling. Avec l’œuvre « À la poursuite du trésor perdu » elle à bâti tout un univers féerique. Dans cette histoire, le royaume de « Prince land », producteur du blé se retrouve menacé par « Moustachio » le méchant car il veut mettre un terme à la production de biscuits, seulement le héros de l’histoire « Prince », accompagné de ses compagnons vont le neutraliser et sauver le blé. Ce joli film publicitaire sous forme d’animation est mis en avant dans le but de promouvoir un jeu qui s’adresse aux enfants. La petite musique en début de générique est dynamique, l’enfant plonge alors au Moyen âge face aux dragons : il n’est plus spectateur, il devient acteur. Comme dans un film d’aventure, la musique change au gré des actions que ce soit les dangers, le suspens, les bagarres, les scènes d’humour avec une course poursuite qui ressemble à si méprendre à la version de Mario kart et se terminant sur l’intervention vocale d’un jeune garçon proposant de continuer l’aventure via l’application. L’enfant est le héros qui part à la poursuite du méchant. La cible utilisant dés son plus jeune âge les portables et tablettes, LU souhaite promouvoir sa marque de manière ludique et pour toucher tout le jeune public, elle propose des bandes dessinées dans les différents paquets de biscuits. L’objectif étant qu’il s’amuse en lisant les aventures du Prince mais surtout créer une dépendance car l’enfant voudra connaitre la suite des histoires de son héro et donc deviendra acheteur d’autres paquets. C’est ce qu’on appelle en marketing, le Brand entertainment (divertissement de marque). (10)
Mais le géant du storytelling, n’est autre que Disney, il produit des histoires toujours plus enrichissantes et inspirantes les unes que les autres, avec un impact considérable sur les 3/12 ans et bien au delà parfois. Pourquoi me diriez- vous ? Je vais vous l’expliquer.
Tout d’abord, il utilise la narration de manière culturelle et sociale, il stimule l’imagination et crée l’émerveillement. Avec ces récits Disney transmet des messages et des histoires qui sont enracinés dans notre vie personnelle en jouant sur nos propres désirs. Walt Disney connaissait vraiment les gens, leurs envies, leurs désirs les plus profonds, (le grand amour…) Ce sont ces valeurs qui vont être transmises de film en film. Des histoires compréhensibles par tous, même aux plus petits. Il emploi une variation de thèmes intemporels surnommés par Christopher Vogler « Le voyage du héros ». Chaque film pose les règles de son monde (animaux parlant, royaume sous marin …) calqué sur le notre. Il se concentre sur les expériences humaines, comme Rémy dans Ratatouille qui veut devenir cuisinier ou bien Hercule qui est en quête d’identité. Il n’est pas qu’un outil d’alphabétisation, il devient un vecteur d’idées, telles que les valeurs morales, les croyances, les attitudes et normes sociales qui jouent sur la façon dont les enfants perçoivent la réalité. De nos jours, les normes d’il y a 50 ans ne sont plus adéquates, Pixar l’a très bien compris en introduisant des princesses qui ne sont plus des femmes cloîtrées dans leurs châteaux en attendant le beau et vaillant prince charmant ! Elles sont, indépendantes, braves et courageuses (c’est le GIRL POWER). Ces nouveaux films sont en plus agrémentés de musique contemporaine. Lorsque j’ai interrogé Sarah 7 ans, pour elle, la princesse est certes une femme du 21ème siècle mais dans sa tête le prince reste toujours le guerrier sauveur. A travers les personnages les enfants apprennent à réfléchir, comment se comporter face à certaines situations, le bien du mal, ils développent un sens critique, activent leur empathie, apprennent l’échec tout en cultivant l’imagination et la sociabilisation. Pour finir je dirais que Disney et Pixar permettent grâce à leur univers fantastique de briser notre quotidien. Le public peut s’évader, car les histoires nous transportent et nous marquent en tant qu’adulte. (11)
Ca c’est le coté pile, maintenant le coté face n’est pas si idyllique, car n’oublions pas que chacune des histoires même celles du géant Disney comportent des messages dits subliminaux. Selon la définition du Larousse le mot « subliminal » donne dès sa racine latine des indices sur son sens « (sub, à l’entrée de, et limen, seuil), perception d’un objet (image, message, publicité, etc), à la limite de sa reconnaissance par le sujet, en raison de l’éloignement, de l’éclairement » (12). En d’autres termes, ce sont des stimuli qui sont enregistrés par notre système sensoriel, de manière visuelle et auditive mais qui ne sont pas détectés immédiatement et surtout de manière consciente même si les individus se focalisent dessus. (13)
Lors de mes différentes recherches, je me suis aperçue que l’idée du subliminal est apparue bien avant Sigmund Freud** avec « le ça, le Moi, le Surmoi ». En fait, l’idée a émergé en 400 avant notre ère avec Platon**, Aristote** puis Montaigne**. (14) Le message subliminal existe grâce à plusieurs facteurs tels que sa simplicité via une seule image, quelques mots, sa diffusion sur une durée comprise entre 1 à 50 millisecondes répétée 3 à 15 fois environ. Cette technique est utilisée dans divers domaines comme la musique, la politique et surtout la publicité qui joue sur « le traitement automatique des messages ». Pour exemple, si nous sommes concentrés sur une autre tache et que nous entendons un spot publicitaire à la radio, de suite l’information est reconnaissable car déjà stockée dans nos mémoires, dés lors nous avons une impression de familiarité voir de sécurité. Après, il y a « le traitement parallèle des messages » qui se pratique toujours dans l’inconscient. C’est le lien direct entre la publicité et des éléments du quotidien. Et pour finir, les messages qui sont perçus consciemment mais très vite oubliés. Toujours sur le même principe que le traitement parallèle, les individus ont l’impression d’être autonomes, seuls à prendre leurs décisions alors qu’en fait leur jugement et leur raisonnement ont été faussés par le message subliminal. (13)
En 1957 dans le film Pique-nique, nous retrouvons l’insertion « mangez du pop corn », « buvez du coca cola ». Les différentes recherches et expériences qu’ont mené James Vicary ** (mêmes si elles sont controversées) ont pu démontrées quel était l’impact des messages subliminaux sur les personnes, en effet, la vente des deux produits cités sont montés en flèche. (15) Nous retrouvons cette pratique à des fins morales mais aussi politique. En 1988 une polémique éclate suite à la diffusion d’images furtives du candidat François Mitterrand** sur le générique du journal télévisé d’antenne 2. (14)
Lorsque j’ai entrepris les recherches sur les messages subliminaux beaucoup d’informations en sont ressorties ainsi que de nombreux exemples. Il m’a été très difficile de discerner le vrai du faux et de sonder les informations. J’ai même été surprise par le nombre de messages subliminaux utilisés dans les animations pour enfant, et oui ! Notre bon vieux Disney, univers qui a bercé mon enfance à eu recours à eux aussi. Dans le film de « Bernard et Bianca » en 1977, l’affiche d’une femme nue a été insérée directement dans l’une des scènes. Dans « Le roi lion » en 1994, le mot SEXE apparaît dans le ciel sous forme d’étoiles, ou bien encore dans « La Belle et la Bête » en 1991, les messages subliminaux seraient nombreux (sexe, Satan). (16) Ce sont les États-Unis qui ont été les premiers à interdire cette utilisation. En France, par le CSA* depuis 1922 et au niveau international, l’UNESCO* depuis 1999. (15) Nos enfants sont-ils réellement protégés face à tout cela ? Les lois sont-elles de notre côté ? Comment les protéger de ce tourbillon publicitaire ?
Glossaire :
*Ordonnance royale : Texte de loi émanant du roi.
*Pamphlet : Le pamphlet est une oeuvre littéraire dont le but est de contester un pouvoir ou un homme de pouvoir sur le mode de la dénonciation, de la caricature, du dénigrement, de la raillerie, dans un style souvent vindicatif.
*CSA : Conseil supérieur de l’audiovisuel est l’autorité française de régulation de l’audiovisuel.
* UNESCO : Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture.
**Émile de Girardin , est un journaliste et homme politique français. Né le 21 juin 1802 à Paris et mort à Paris le 27 avril 1881.
**Henri de Toulouse-Lautrec , est un dessinateur, lithographe, affichiste et illustrateur français. Né le 24 novembre 1864 à Albi et mort à Albi le 9 septembre 1901.
**Leonetto Cappiello , est un peintre, illustrateur, caricaturiste et affichiste italien. Né à Livourne le 6 avril 1875 et mort à Cannes le 2 février 1942.
** Platon, est un philosophe de la Grèce antique, né à Athène en 428 av JC et mort à Athène en 348 av JC.
**Aristote, est un philosophe de la Grèce antique, né en Grèce en 384 av JC et en Grèce en 322 av JC.
** Montaigne, est le seigneur de Montaigne, né au Château Michel de Montaigne le 28 février 1533 et mort au Château Michel de Montaigne le 13 septembre 1592.
** Freud, est un neurologue autrichien, fondateur de la psychanalyse. Né à Freiberg le 6 mai 1856 et mort à Londres le 23 septembre 1939.
**François Mitterrand, est un ancien président de la République (21 mai 1981 au 17 mai 1995). Né à Jarnac le 26 octobre 1916 et mort à Paris le 26 octobre 1996.
**James Vicary, est un chercheur connu pour avoir expérimenté le concept de publicité subliminale. Né dans le Michigan 30 avril 1915 et mort dans le Massachusetts le 7 novembre 1977.
Webographie :
(2) page web
E-CLASSROOM, L’histoire de la publicité, E-Classroom.fr, 28 janvier 2018, http://e-classroom.over-blog.com/l-histoire-de-la-publicite.html
Fichier PDF
PUBMALIN, L’histoire de la publicité, pubmalin.fr, http://www.pubmalin.fr/HISTOIRE_PUB_pubmalin.pdf
(3) Définition de la communication hors média, tirés de la page web Définition marketing
www.definitions-marketing.com/definition/communication-hors-media/
(4) Présentation
La communication média et hors média, cours de Marketing, oz ressourcesorg, publié le 21 août 2012, https://fr.slideshare.net/Olivier_Z/la-communication-mdia-et-hors-mdia-14027894
(5) Page web
CB NEWS, Les 12 tendances 2019 media-communication selon Kantar-image,CB News.fr, 06 décembre
https://www.cbnews.fr/medias/image-12-tendances-2019-media-communication-kantar-40276 2018, https://lareclame.fr/tendances-creation-pub-2019-214720
(6) PDF Cours Insights et Tendances, MKP, ISCOM Lyon
DAGOBERT, Storytelling, dagobert.fr
Blog
BLOG DU MMI, Le Storytelling : racconter des histoires pour séduire le consommateur, 18 avril 2016, https://blogdummi.fr/dossier/storytelling-raconter-histoires-seduire-consommateur/
(7) PDF Cours Insights et Tendances, Jen-Claude Besson, MKP, ISCOM Lyon
Storytelling
IONIS BRAND CULTURE, La marque incarné.
(8) Page web – Infographie
DROUIN PAULINE, Les 5 étapes du marketing destiné aux enfants, Alesia.com, 14 septembre 2015, https://www.alesiacom.com/blog/5-etapes-marketing-destine-enfants
(9) Blog
LERBIER Loic, Oasis une strat de marque qui porte ses fruits lerbier, comédie, 2015, http://placedelacomedie.com/2015/10/20/oasis-une-strategie-de-marque-qui-porte-ses-fruits/
(10) Blog
MARKENTIVE, Cibler les enfants à travers une stratégie marketing : exemple de LU, markentive.fr, https://www.markentive.fr/blog/cibler-les-enfants-a-travers-une-strategie-marketing-lexemple-princede-lu/
(11) Blog Être Parents
Walt Disney et son impact sur le cinéma pour enfants, 26 décembre 2018, https://etreparents.com/walt-disney-et-son-impact-sur-le-cinema-pour-enfants/
Page web
CIGELSKE Tim, The secret to Disney’s storytelling formula, 28 janvier 2018, https://medium.com/%40teecycletim/the-secret-to-disneys-storytelling-formula-3a2a2a8bb322&xid=25657,15700022,15700186,15700190,15700248,15700253
Page web
MUSEUM HACK, 4 Lessons in Storytelling From Walt Disney, 05 avril 2018, https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=https://museumhack.com/disney-storytelling/&prev=search
(13) Revue web
COURBET.D, Réception des communications et cognitions non consciente : les effets non
verbalisables de la communication commerciale, openedition.org, 2000, www.communicationoragnisation.revues.org
(14) Page web
SEGUI, FERRAND Ludovic, JUAN, La perception subliminale, pourlascience.fr, 01 février 2001, www.pourlascience.fr/sd/imagerie/la-perception-subliminale-4253.php
(15) page web
VIKIDIA, Message subliminal : Vikidia l’encyclopedie des 8-13ans, Vikidia.org, 2018 , https://fr.vikidia.org/wiki/Message_subliminal , 2018
(16) Page web
VIVELAPUB, Sexe, satan … 50 exemples de messages subliminaux dans les médias, vivelapub.fr, www.vivelapub.fr/quand-les-messages-subliminaux-envahissent-les-medias/
Bibliographie :
(1) Définition de la publicité, tirés du Larousse
Le petit Larousse Illustré , Paris, 2007, Larousse
(12 )Définition de subliminal, tirés du Larousse
Le petit Larousse Illustré , Paris, 2007, Larousse
Image :
Dessin Audrey Ginisty