Annexe 1 : Guide d’entretien professionnel
Professionnels interrogés :
- Marion Darmochod, graphiste et webdesigner en freelance
- Dorian Pons, directeur artistique senior chez Adesias
- Benjamin Ben Kemoun, directeur artistique chez Adesias
Quelle est votre vision du graphisme ? (Article 2)
- Définition
Marine Darmochod
Le graphisme correspond à la manière de représenter (graphiquement) une idée, un concept, une marque.
Benjamin Ben Kemoun
Savoir jouer avec les formes et les couleurs pour faire passer un message. Fonction d’émouvoir le spectateur dans l’intention de lui vendre quelque chose.
- Votre sensibilité personnelle en matière de graphisme.
Marine Darmochod
Sensibilité évidente comme tout créatif mais nécessité de s’adapter au besoin du client, à sa demande, à son secteur d’activité (on ne va pas créer de la même manière suivant le secteur d’activité).
- L’avant web et après web, quels changements ? (Article 1)
Marine Darmochod
Pas assez de recul pour parler de l’avant web.
Dorian Pons
Le web est un format contraignant : obligation d’adapter le graphisme sur écran.
La notion d’interaction est rentrée en jeu ce qui n’est pas le cas sur l’affiche et le graphisme avant web.
Obligation d’inventer un langage spécifique. Plus les outils ont évolué, plus il y a eu la possibilité de faire des choses ambitieuses (en termes de stockage, poids des fichiers…).
De quels changements marquants avez-vous été témoin en matière de création graphique sur le web ces dernières années ? (Article 1)
Nouveaux outils, nouvelles manières de créer, nouvelles tendances
Marine Darmochod
Au niveau des outils pas de changement majeur mais utilisation de nouveaux outils plus techniques pour le référencement, stratégie de mots clés… La partie technique a pris une part très importante ces dernières années, le client ne recherche plus uniquement un site esthétique mais un site qui va lui donner de la visibilité.
Benjamin Ben Kemoun
Apparition des logiciels « what you see is what you get = possibilité de voir ce que va rendre notre travail sans le développer (exemple de XD où l’on peut voir le rendu avec la bonne taille et tester avant même de développer le site web).
Apparition de nouveaux métiers : UX designer, User interface…
Avez-vous remarqué un changement dans les attentes des consommateurs qui ont influencé votre manière de créer ? Si oui, lesquelles ? (Articles 1,2,3)
Marine Darmochod
Le client ne recherche plus uniquement un site esthétique mais un site qui va lui donner de la visibilité. L’esthétique est à 50/50 avec la volonté d’être bien placé dans les résultats de recherche.
Dorian Pons
Le consommateur au centre plus que jamais. Obligation aujourd’hui de passer par l’étape du persona, profil type pour savoir comment répondre correctement au brief.
Émergence de deux types de graphisme : graphisme commercial et artistique avec des objectifs distincts.
Graphisme commercial : doit permettre d’être rapide et efficace.
Graphisme artistique : montrer un savoir-faire, talent (ex : agences créatives, studio…).
Plus de sites dits « artistiques » qu’avant.
Auriez-vous en tête/pourriez-vous me parler des tendances graphiques actuelles ? (Article 1)
Styles graphiques que vous utilisez régulièrement, que vos clients vous réclament.
Benjamin Ben Kemoun
Dorian Pons
Flat design = formes simples et unies mais avec de plus en plus de texture.
« Less is more ».
Marine Darmochod
Flat design avec aplats de couleur.
Couleurs douces et pastel (sensibilité graphique).
Style moderne, sobre, clair, simple et efficace = demande des clients aujourd’hui pour la majorité.
Quel sera selon vous le webdesign de demain pour engager davantage les consommateurs ? (Article 1)
Webdesign émotionnel, personnalisation, interactivité, engagement ?
Marine Darmochod
Webdesign avec le consommateur toujours plus au centre. Optimiser toujours plus les sites en mettant en avant les infos que vont rechercher les internautes car aujourd’hui ils n’ont pas de temps à consacrer à la recherche d’informations : l’internaute veut trouver tout de suite.
Benjamin Ben Kemoun
Graphisme accessible à tout le monde, réalisable par tout le monde.
On tend aujourd’hui à faire ses contenus soi-même (ex : Instagram, faire ses propres logos…).
Possibilité de retomber dans les templates et l’uniformisation mais qui ne va pas remplacer pour autant le graphisme.
Dorian Pons
Peut-être tendre à faire des choses plus habillées, plus personnalisées pour se démarquer de ceux qui utilisent le flat design, simple : peut-être inversement de la tendance ?
Peut-être retour du vintage, année 70 comme la mode ?
Vous intervenez en création visuelle de manière large. Pour vous, quelles sont les spécificités de la création sur le web en comparaison à d’autres supports de communication ? (Article 2)
Web vs print
Marine Darmochod
Print : possibilité d’utiliser des grosses typographies ce qui est moins le cas sur le web pour un souci de confort de lecture.
Sur le web : ne pas utiliser de visuels trop grands pour un souci d’optimisation et de référencement.
Sur Print : nécessité d’avoir une qualité d’image optimale : 300 dpi.
Sur web : 72 dpi suffit.
Mode colorimétrique différent : web (RVB) et print (CMJN).
Benjamin Ben Kemoun
Sur le web : typographie repensée spécifiquement pour le web car mesure en pixel ou vecteur (apparition de nouveaux moyens de mesure).
Invention du vecteur pour ne pas rompre la résolution.
Utilisation de 72 dpi pour une rapidité d’affichage.
Quelles sont les contraintes de la création sur le web ? (Article 2)
Marine Darmochod
Au niveau du référencement : pour bien référencer une page = au moins 300 mots et difficulté si le client ne fournit pas le contenu nécessaire.
Sur article de blog = minimum 900 mots ce qui représente un contenu conséquent (nécessité d’avoir des compétences en conception-rédaction).
Print : en cas de format particulier, nécessité de bien suivre la production pour ne pas avoir de mauvaises surprises une fois les supports reçus.
Benjamin Ben Kemoun
Obligation de travailler avec des développeurs qui ont un autre langage, apprendre à travailler avec eux pour créer des choses cohérentes.
Obligation d’être au courant des avancées du milieu.
Difficulté du web : tout évolue très rapidement, plateformes, tendances, langages…
En print : veille nécessaire « seulement » mais pas le même travail de veille que sur le web.
Le web nous limite dans nos créations. Les contenus doivent être visibles par tous peu importe les plateformes utilisées, les navigateurs, les interfaces (ex : MailChimp : limite dans le choix des typographies dans le but d’être visibles par tous).
Le design peut-il compenser un contenu superficiel ? et inversement. (Article 3)
Les deux doivent-ils être cohérents ? Un bon contenu peut-il compenser un design peu attrayant et inversement ? Le design porte d’entrée vers le contenu ?
Marine Darmochod
Le design est très important car il constitue la première image que va se faire l’internaute (si mauvais design, il n’ira pas jusqu’au contenu).
Un bon design sert souvent à justifier un prix plus important même si le contenu est médiocre voir identique avec un design moins bon.
Exemple expérience : 2 packagings différents : 1 prestige plus cher et l’autre plus bas de gamme mais même produit à l’intérieur.
Benjamin Ben Kemoun
Le design est super important car il constitue la porte d’entrée, il faut que ça soit impactant tout de suite.
Dorian Pons
La notoriété rentre en jeu.
Ex : Cdiscount, habitude d’achat et site connu donc les consommateurs continuent à acheter. Si l’on change le design possibilité de perdre le consommateur.
Obligation d’avoir un équilibre entre design et contenu.
Le texte peut venir appuyer l’image, ou l’animation si le site est un site artistique.
L’effort fait sur le design doit être cohérent avec la mission de l’entreprise (si studio ou agence artistique : possibilité de mettre plus l’accent sur le visuel que sur le texte en lui-même).
Le graphisme doit servir le message.